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ReliefWeb - Updates

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    Source: International Crisis Group
    Country: Burundi, Central African Republic, Chad, Democratic Republic of the Congo, Gambia, Libya, Mali, Somalia, South Sudan, World

    Moussa Faki Mahamat, nouveau président de la Commission de l’Union africaine (UA), prendra ses fonctions à la mi-mars alors que le continent est confronté à la plus grave série de crises humanitaires depuis les années 1990. La plus inquiétante se situe dans le bassin du lac Tchad où plus de 11 millions de personnes ont besoin d’une aide d’urgence. En Somalie, 6,2 millions de personnes (près de la moitié de la population) sont confrontées à des pénuries alimentaires aigües et au Soudan du Sud, où l’ONU a récemment déclaré l’état de famine, près de 5 millions de personnes sont gravement touchées par l’insécurité alimentaire. La souffrance est en grande partie due à l’homme : les effets de la sécheresse ont été exacerbés par des guerres prolongées et des déplacements massifs.

    De façon plus prometteuse, la transition pacifique de la Gambie, négociée par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) avec le soutien de l’UA, est une étape de plus sur le chemin de la démocratie et de l’Etat de droit, sur lequel s’est engagée une grande partie du continent. La question de savoir si ces avancées peuvent être multipliées à travers l’Afrique dépend de la façon dont M. Faki, l’ancien ministre des Affaires étrangères du Tchad, utilisera les outils dont il dispose pour convaincre les Etats-membres de s’attaquer aux causes immédiates comme aux sources plus profondes des conflits : les processus électoraux contestés ; les dirigeants qui refusent de quitter leurs fonctions comme prévu ; les gouvernements corrompus, autoritaires ou répressifs ; la croissance démographique ; le chômage et le changement climatique. Ces mêmes forces aggravent deux autres grands défis continentaux, la migration et la menace que constituent les extrémistes religieux et d’autres groupes violents non ­étatiques.

    M. Faki arrive à un moment de profondes transformations pour l’UA. Au sommet de janvier, les chefs d’Etat ont accepté, sur proposition du président rwandais Paul Kagame, que l’organisation se concentre sur un nombre limité de préoccupations majeures affectant l’ensemble du continent, comme les affaires politiques, la paix et la sécurité et l’intégration du continent. Les structures institutionnelles doivent être remaniées pour refléter cette inflexion. M. Faki devra conduire soigneusement cette réforme majeure, ainsi que la récente réintégration du Maroc, pour éviter d’aggraver les tensions et divisions existantes et pour maintenir la motivation d’un secrétariat actuellement sur la défensive.

    Le contexte géopolitique qui détermine à l’échelle du continent les conditions d’une diplomatie multilatérale évolue aussi rapidement. L’influence de la Chine, des Etats du Golfe et de la Turquie (surtout dans la corne de l’Afrique, au Sahel et en Afrique du Nord) ne peut être ignorée. Le nationalisme croissant de l’Europe et l’incertitude sur les choix politiques du président américain Donald Trump ont créé de nouvelles inquiétudes. Il y a là pour l’UA autant de défis que de possibilités. Pour saisir ces dernières, M. Faki devra pousser l’organisation et ses Etats-membres à assumer davantage ses responsabilités, tant politiques que financières, pour assurer la prévention et la résolution des conflits. Crisis Group soumet dans les pages qui suivent un ensemble cohérent d’idées sur ce que le nouveau président de la Commission de l’UA peut faire pour nourrir le changement et redynamiser des partenariats décisifs. Elles visent à consolider la réponse de l’UA aux menaces qui pèsent sur la paix et la sécurité du continent, et offrent des suggestions concrètes sur la façon dont l’organisation peut contribuer à éviter l’aggravation des conflits et faciliter l’avancée des processus de paix.

    Axes stratégiques

    1. Mobiliser les soutiens autour d’un projet d’union plus forte et plus autonome

    Dans un environnement mondial profondément instable, où les anciennes puissances sont en perte de repères et où les rivalités au Moyen-Orient ont des répercutions jusque sur le continent africain, la diplomatie multilatérale africaine est plus que jamais nécessaire. Le défi de la nouvelle présidence est de convaincre les Etats-membres de l’intérêt de l’UA, en particulier de son architecture de paix et de sécurité. En s’engageant dans un programme audacieux de réformes, les dirigeants marqueraient leur volonté de construire une union plus efficace. Mais pour que ce processus soit réellement efficace, ils doivent prendre des décisions difficiles en matière de souveraineté et concernant les tensions entre l’aspiration des populations à un mode de gouvernance plus transparent et les tendances autoritaires d’un grand nombre des gouvernements.

    M. Faki devrait constituer une coalition de dirigeants représentant chaque région, qui se sont engagés en faveur d’un processus de réforme. Pour cela, il devrait collaborer étroitement avec les présidents Kagame, Idriss Déby (Tchad) et Alpha Condé (Guinée), la troïka chargée de superviser la mise en œuvre des réformes. Mais obtenir un soutien politique pour une UA plus forte ne suffira pas. Les Etats-membres doivent également fournir un financement adéquat. A la perte de crédibilité et la dépossession engendrées par la dépendance vis-à-vis des donateurs extérieurs, s’ajoute le fait que l’UA ne peut plus compter sur les mêmes niveaux de financement extérieur de la part des Etats-Unis et de l’Europe. La capacité de la Commission de l’UA à travailler efficacement dépend de la volonté des Etats-membres de mettre en œuvre la décision prise lors du sommet de juillet 2016. Cette décision consiste à instaurer un prélèvement de 0,2 pour cent sur les importations, dont les bénéfices seront versés à l’UA. Seule une poignée d’Etats ont commencé à légiférer afin d’inscrire cette taxe dans les textes de loi. M. Faki devrait apporter tout son soutien au Haut représentant pour le Fonds de la paix de l’UA, Dr Donald Kaberuka, et encourager les Etats-membres à honorer leurs engagements financiers dans ce domaine. Ceux qui n’apportent qu’un soutien de façade à l’idée d’une UA plus forte doivent reconnaitre que sans un important financement africain supplémentaire, les opérations de soutien de la paix de l’UA risquent fort de rester privées d’un financement durable issu des contributions fixes de l’ONU.

    2. Utiliser efficacement l’architecture existante pour la prévention des conflits

    L’UA dispose des outils nécessaires à la prévention des conflits. Néanmoins, l’utilisation efficace de ces outils est limitée par son manque de ressources et la grande influence d’Etats-membres prêts à jouer la carte de la souveraineté pour échapper à toute surveillance. Il est difficile de persuader les dirigeants de changer de position sur ces questions. M. Faki pourrait cependant s’employer à développer une coalition de membres partageant les mêmes idées en faveur de la prévention des conflits. Même sans une telle coalition, il est possible d’améliorer les mécanismes existants. La mise en œuvre de mesures d’action précoce sur la base de données et de l’analyse du système d’alerte de l’UA a été partiellement entravée par la mauvaise circulation de l’information au sein de la Commission de l’UA et entre celle-ci et les communautés économiques régionales (CER). La présidence devrait abolir les barrières au sein de la Commission de l’UA, en particulier entre le département des Affaires politiques et le département Paix et Sécurité.

    Les mécanismes de médiation sont fragmentés, et manquent de supervision et d’instructions de la part de la présidence ou du Conseil de paix et de sécurité (CPS). La création du Groupe d’appui à la médiation (MSU) a été une première étape bénéfique, mais M. Faki doit s’assurer qu’elle soit dotée de suffisamment de spécialistes qualifiés et expérimentés. Placer toutes les activités de médiation, dont celles du Groupe des sages, des envoyés et des représentants spéciaux, les bureaux de liaison et les missions politiques spéciales sous son autorité pourrait améliorer l’efficacité de la MSU. M. Faki devrait également s’efforcer de remédier au manque de transparence sur la sélection des envoyés et représentants spéciaux, et évaluer leurs performances et leurs mandats, pour apporter les modifications nécessaires. Il devrait aussi utiliser le processus de réforme pour redynamiser ou supprimer le Groupe des sages. De même, il devrait s’engager plus personnellement dans la diplomatie préventive, en particulier pour débloquer les processus actuellement dans l’impasse au Burundi, en République centrafricaine (RCA) et au Mali. L’établissement d’un consensus aux niveaux local, régional, continental et international permettrait d’apporter de la cohérence aux efforts de tous ceux qui participent aux négociations de paix dans ces pays. M. Faki devrait reconnaitre les limites de son mandat et impliquer d’anciens chefs d’Etat respectés dans le processus de médiation.

    De nombreuses crises sont prévisibles, en particulier celles liées à la mauvaise gouvernance et à la contestation des transitions politiques. Dans les pays où se font sentir les effets des changements générationnels et démographiques, où la croissance économique stagne et où persistent des régimes répressifs ou autoritaires, il faut s’attendre à un mécontentement croissant et à des manifestations violentes. M. Faki doit veiller à ce que la Commission de l’UA alerte le CPS sur les conflits imminents, engage le dialogue avec les Etats-membres concernés et encourage le CPS à s’impliquer dès les premiers signes de crise. Si l’UA veut vraiment jouer un rôle dans la prévention des conflits, elle doit assumer ses responsabilités en la ­matière, au risque de se retrouver dans une ­position inconfortable et de subir les critiques.

    3. Consolider l’institution

    Le sommet de janvier a adopté l’ambitieux plan de réforme de Kagame, qui vise à rationaliser l’UA pour la rendre plus efficace, plus concentrée sur les axes prioritaires et plus attentive aux résultats. La nouvelle présidence est chargée d’atteindre ces objectifs. Ce n’est pas la première tentative de réforme ; il y a dix ans, un comité indépendant a rédigé un programme complet dont l’équipe de Kagame s’est largement inspirée. M. Faki doit tirer les leçons des échecs antérieurs en ne précipitant pas le processus et en bâtissant un large soutien par une vaste consultation de la Commission de l’UA et des Etats-membres. Il devrait engager prioritairement les réformes liées aux besoins les plus urgents (par exemple, la mise en œuvre des protocoles du CPS et le renforcement des mécanismes de sanction) et qui bénéficient du plus large consensus.

    Les relations de l’UA avec les CER, essentielles à la prévention et à la résolution efficace des conflits, sont souvent tendues et concurrentielles. Les principes, droits et obligations régissant cette relation sont clairement énoncés dans le Protocole du CPS (article 16) et le mémorandum d’entente de 2007. La présidence devrait s’assurer que ces instruments sont mis en œuvre. Certaines tensions pourraient être atténuées par une communication plus efficace. M. Faki devrait chercher à travailler en collaboration avec les CER et encourager des échanges directs et fréquents à tous les niveaux pendant le cycle de développement d’une crise. Les CER devraient être consultées avant les grandes décisions, comme la nomination d’un envoyé spécial ou le déploiement d’observateurs. L’incertitude liée au principe de subsidiarité limite la capacité de l’UA à intervenir lorsque les processus de paix régionaux stagnent, comme au Burundi et au Soudan du Sud. M. Faki devrait se servir du processus de réforme pour faire de l’avantage comparatif, et non de la subsidiarité, la base de la relation entre UA et CER.

    4. Redynamiser les partenariats en matière de sécurité

    Au cours de la dernière décennie, l’UA a assumé un rôle plus important dans la prévention et la résolution des conflits. Parallèlement, le Conseil de sécurité (CS) des Nations unies lui a de plus en plus délégué un rôle central dans la gestion politique des conflits en Afrique, en partie parce qu’il reconnait plus fréquemment son incapacité à résoudre seul ces crises. La confiance et les compétences de l’UA ont été renforcées, mais elle dépend toujours de partenaires et de donateurs pour financer ses activités de paix et de sécurité et combler son manque de moyens. Cette situation complique les relations avec les partenaires et donateurs et les rendent souvent tendues, parfois entachées de méfiance et d’incompréhension.

    La collaboration avec l’ONU, sans doute le partenaire le plus important de l’UA en matière de sécurité, a progressé, mais des améliorations restent possibles. En lien avec le Secrétaire général des Nations unies, M. Faki devrait veiller à ce que les ordres du jour du CS des Nations unies et du CPS de l’UA soient plus étroitement coordonnés et reflètent les priorités du continent. En préparant les positions du CPS en amont des décisions majeures du CS des Nations unies, l’Afrique sera en meilleure position pour parler d’une seule voix et avoir en conséquence une influence accrue sur les décisions. Une coopération plus étroite entre l’UA et les Nations unies, y compris des évaluations collectives et des visites conjointes sur le terrain, favoriserait une meilleure compréhension et aiderait à élaborer positions communes et analyse partagée. M. Faki devrait prendre l’initiative dans ce domaine, donnant le ton et fixant la direction pour le reste de la ­Commission.

    L’Union européenne (UE) est en train d’identifier ses intérêts stratégiques en Afrique, et M. Faki devrait s’assurer que l’UA définisse elle aussi ses intérêts pour que des défis de sécurité communs puissent être identifiés. L’UE est un partenaire vital, mais cette relation a été mise à rude épreuve en 2016 à la suite de la décision de réaffecter 20 pour cent du financement européen à la mission de l’UA en Somalie, l’Amisom, et d’arrêter de payer directement les soldats burundais qui y participent. Le sommet UE-Afrique de novembre en Côte d’Ivoire est l’occasion de renouveler le partenariat, de discuter des priorités et de confirmer les domaines de coopération. La crise migratoire et la menace terroriste y tiendront une place importante et vont sans doute modifier les relations entre l’UE et l’UA. La présidence doit s’efforcer de contrer la tendance européenne à se concentrer de façon étroite sur la réduction à court terme des flux migratoires vers l’Europe en insistant sur la nécessité de s’attaquer aux causes de l’exode : la guerre, la pauvreté, la répression et l’explosion démographique.

    5. Au-delà d’une réponse militaire à « l’extrémisme violent »

    La dernière décennie a montré les coûts et les limites d’une réponse militaire aux groupes jihadistes et aux autres acteurs violents non étatiques, en particulier quand la stratégie politique fait défaut. Les opérations militaires constituent parfois un volet nécessaire d’un plan de réponse – les efforts déployés contre Boko Haram dans le bassin du lac Tchad et contre les jihadistes au Mali en sont de parfaits exemples –, mais l’histoire récente en Afrique et ailleurs suggère que les gouvernements ne peuvent pas compter uniquement sur la ­coercition.

    L’UA et ses Etats-membres ne doivent pas négliger les conditions qui permettent aux groupes jihadistes et autres acteurs violents non étatiques de prospérer : la méfiance envers l’Etat, en particulier dans les périphéries ; le déclin de l’autorité de l’Etat ; le sous-développement et l’exclusion sociale ; la facilité à se procurer des armes ; ainsi que la brutalité et le manque d’efficacité des forces de sécurité. M. Faki devrait mettre davantage l’accent sur l’élaboration de plans cohérents pour le rétablissement d’une gouvernance efficace dans les zones affectées. La perspective d’un retour des États-Unis vers les politiques antiterroristes plus agressives pourrait encourager d’autres à acteurs adopter des approches similaires. Cela est particulièrement dangereux en Afrique, où l’Etat de droit est souvent faible ou absent. La présidence devrait rappeler aux dirigeants que combattre ces groupes ne les dispense pas de leurs obligations en matière de respect des droits humains, et les dissuader de qualifier tous les opposants de « terroristes » ou d’« extrémistes violents ».

    Crises majeures

    6. Burundi

     Contrairement à ce qu’affirme le gouvernement, la crise est loin d’être terminée. L’intimidation, les disparitions et les meurtres continuent et pourraient rapidement s’aggraver, au risque de contaminer une région déjà instable. Les causes et les motivations exactes sont difficiles à déterminer, les autorités n’ont fait aucune tentative sérieuse pour enquêter et ont contrecarré les efforts des autres, y compris ceux de l’UA, pour le faire. Le gouvernement et le parti au pouvoir ont l’intention de démanteler unilatéralement les acquis du processus d’Arusha dont l’UA est garante et qui a mis fin à la dernière guerre civile. Ils reviennent notamment sur les efforts pour garantir un véritable partage du pouvoir et pour limiter les mandats présidentiels. Le débat interne sur la voie à suivre n’est pas permis. La stabilité et la paix relative dont a récemment bénéficié le Burundi reposaient sur le pluralisme politique et le respect des principales dispositions du processus d’Arusha, en particulier celles relatives au partage du pouvoir. Si rien n’est fait pour la corriger, la situation actuelle risque d’engendrer plus de violence ; l’intention du gouvernement de modifier la Constitution afin de permettre au président Pierre Nkurunziza de se présenter à nouveau constituerait sans aucun doute une étincelle majeure.

    En décembre, Benjamin Mkapa, médiateur nommé par la Communauté d’Afrique de l’Est, s’est prononcé contre la position maximaliste de l’opposition sur la révision des résultats de l’élection de 2015, mais n’a pas contrebalancé cela par une critique de la répression du régime. Le parti au pouvoir n’a fait aucune concession et continue de refuser de négocier avec l’opposition en exil.

    L’UA est sur une voie difficile, surtout après avoir abandonné l’idée d’un engagement actif après l’échec de la tentative d’envoyer une mission de maintien de la paix de l’UA en janvier 2016. M. Faki devrait personnellement reprendre langue avec le gouvernement, sans abandonner ses positions de principe. L’absence de discussion au sein du CPS rend difficile une intervention de l’UA et le président doit encourager le CPS à remettre le Burundi à son ordre du jour. L’UA peut soutenir une médiation future en identifiant clairement les dangers actuels, en soulignant que la violence et l’intimidation sont inacceptables, et en insistant sur le fait que les abus doivent faire l’objet d’une enquête et que le débat libre et démocratique est vital pour la stabilité du pays. L’UA doit également rappeler que la violence de l’opposition est inacceptable et dangereuse. L’orientation future du Burundi, y compris la poursuite de l’application de l’accord d’Arusha, devrait être librement débattue par toutes les parties.

    7. République centrafricaine

    Les élections pacifiques de 2016 ont suscité l’espoir d’une résolution durable de la crise qui a commencé en 2012. Mais douze mois après la victoire du président Faustin-Archange Touadera, les changements se font attendre. Un cinquième de la population a fui sa région d’origine ou est réfugiée dans les pays voisins, les tensions intercommunautaires sont fortes et les groupes armés contrôlent de facto la majeure partie du pays.

    Bien que la situation sécuritaire à Bangui se soit améliorée, la violence contre les civils et les combats entre groupes armés se sont intensifiés dans les provinces. A l’Est, les factions issues de l’ex-Seleka se disputent le territoire et les ressources, provoquant de nouveaux déplacements massifs et un fort sentiment anti-Fulani. A l’Ouest, le concept discriminatoire de « centrafricanité », qui a émergé dans les cercles proches de François Bozizé en 2013 et stigmatise les musulmans comme des « étrangers », empêche le retour de centaines de milliers de réfugiés.

    Le gouvernement, bien que légitime, ne maitrise pas entièrement la situation et ne peut relever à lui seul tous les défis. Peu a été fait au niveau national pour promouvoir la réconciliation. Les pourparlers entre le gouvernement et les groupes armés sur le désarmement, la démobilisation et la réinsertion sont bloqués. Les puissances régionales ont organisé plusieurs initiatives parallèles pour relancer les négociations entre les groupes armés, y compris des rencontres en 2016 au Tchad et en Angola. Une multiplication d’initiatives aux ordres du jour flous pourrait saper les tentatives visant à convaincre les groupes de désarmer. Toutes ces initiatives devraient soutenir le président Touadera, qui doit développer une stratégie claire pour les négociations, de sorte que son gouvernement reste maître du processus. L’UA pourrait jouer un rôle important en coordonnant les initiatives et en poussant les groupes armés à participer aux négociations. Le sort des dirigeants des groupes armés constitue un défi majeur – une grande partie de la population considère leur exclusion du gouvernement comme un prérequis à une solution durable.

    8. République démocratique du Congo (RDC)

    L’accord du 31 décembre négocié par la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a calmé les tensions qui ont suivi la non-tenue des élections le mois précédent. L’accord est plus inclusif que celui qui était ressorti de la médiation de l’UA en octobre et prévoit la tenue des scrutins différés en décembre 2017 au lieu d’avril 2018. Mais sa mise en œuvre est retardée par trois questions : l’échéancier ; la nomination du Premier ministre et la composition du gouvernement intérimaire ; et enfin le fonctionnement du mécanisme de supervision.

    La mort en février du dirigeant d’opposition Etienne Tshisekedi a interrompu les pourparlers, donnant un nouvel argument à la majorité au pouvoir, qui cherche constamment à reporter les élections. Sa disparition prive le Rassemblement, la principale coalition d’opposition, d’un dirigeant réellement populaire capable de conclure des accords, à un moment où l’incapacité de l’opposition à organiser de grandes manifestations affaiblit sa légitimité. Les rivalités pour trouver un remplaçant à Tshisekedi menacent la cohésion du Rassemblement et pourraient amener l’opposition à adopter des positions plus radicales.

    Le conflit armé a déplacé plus de 2,2 millions de personnes et s’intensifie dans de nombreuses provinces. En plus des combats récurrents au Nord-Kivu, l’instabilité se propage. Dans le Kasaï central, le meurtre en août 2016 d’un chef traditionnel par les forces de sécurité a dressé des milices contre les forces gouvernementales et contraint environ 200 000 personnes au départ. Au Tanganyika, les combats entre les communautés twa (pygmées) et luba (bantu) prennent de plus en plus d’ampleur et affectent également les provinces du Haut-Katanga et du Haut-Lomami. La montée des tensions dans la province du Kongo central affecte directement la capitale, Kinshasa. L’insécurité croissante est liée à une crise de légitimité de l’Etat, combinée à une crise économique de plus en plus profonde. Tout cela rend l’organisation des élections de plus en plus improbable et crée un réel risque d’implosion.

    Le défi consiste à veiller à ce que des élections crédibles soient tenues dans les temps et à ce que la Constitution soit respectée. L’UA, en étroite coopération avec la région et l’ONU, devrait appeler toutes les parties à mettre en œuvre l’accord du 31 décembre et à donner la priorité à l’organisation d’élections dès que possible. Elle devrait apporter son plein appui à la Cenco qui tente de maintenir les signataires sur la bonne voie. La violence de masse reste une préoccupation majeure et pourrait conduire non seulement à l’effondrement de l’Etat mais également à la déstabilisation de toute la région. Le CPS est resté jusque là en retrait sur la RDC. Il doit au contraire s’engager pleinement dans les tentatives de négociation d’une transition politique.

    9. Libye

    La priorité immédiate reste d’empêcher une escalade de la violence. L’échec de l’Accord politique interlibyen (accord de Skhirat) a renforcé la partition de fait du pays en une zone est et une zone ouest dominées par des coalitions militaires fluctuantes et indisciplinées. La progression vers Tripoli du général Khalifa Haftar et de son armée nationale libyenne, confortés par la prise de contrôle des installations pétrolières dans le golfe de Syrte et par l’effritement du consensus international autour de l’accord de Skhirat, pourrait engendrer une escalade préoccupante de la violence. Elle provoquerait des combats acharnés, en particulier avec les milices islamistes dans la capitale et à Misrata. Pour éviter cela, il faut probablement que l’Egypte et la Russie dissuadent Haftar qui, même avec des soutiens extérieurs, ne peut s’emparer de l’ensemble du pays. Une relance du processus de Skhirat est essentielle. Des pourparlers directs sont nécessaires entre le Conseil présidentiel basé à Tripoli et les personnalités politiques de l’Est, afin de constituer un nouveau gouvernement d’unité plus large. En parallèle, un processus portant sur les questions sécuritaires devrait inclure Haftar et les principaux groupes armés de l’Ouest.

    Mais le processus diplomatique est dans l’impasse : le gouvernement d’entente nationale (GNA) du Premier ministre Fayez Sarraj, soutenu par l’ONU, est à peine fonctionnel, et les grandes puissances extérieures peinent à donner une ligne directrice au processus. Seules l’Egypte, l’Algérie et la Tunisie semblent proposer de nouvelles solutions, mais l’Algérie et la Tunisie soutiennent le GNA, tandis que l’Egypte est proche de Haftar. Les trois pays partagent les mêmes préoccupations en matière de sécurité, mais diffèrent sur la nécessité d’inclure le plus grand nombre d’acteurs dans la négociation, en particulier en ce qui concerne les islamistes.

    Le temps ne joue pas en faveur du GNA. Les pénuries d’électricité et d’eau, l’effondrement progressif du secteur de la santé, et les pénuries de monnaie locale et étrangère ont rendu la vie beaucoup plus difficile pour les Libyens ordinaires. Cela crée une occasion pour les ennemis du GNA, en particulier Haftar. Les signes d’un affrontement généralisé en l’absence d’un processus de paix crédible se multiplient alors que les conflits locaux (par exemple entre Arabes, Toubou et Touaregs dans le Sud et parmi les milices basées à Tripoli) gagnent en ­importance.

    L’UA devrait soutenir l’approche plus inclusive de l’Algérie et de la Tunisie et exhorter l’Egypte, dont les intérêts légitimes doivent être pris en compte, à mettre plus de pression sur le général Haftar. L’engagement de l’UA pourrait faire pencher la balance en faveur d’une solution venue des voisins de la Libye (en impliquant au final le Tchad, le Niger et le Soudan) et mobiliser un soutien plus large en sa faveur. Alors que le processus de paix manque d’orientation claire, encourager les voisins de la Libye à bâtir un consensus pourrait montrer la voie à suivre à l’ONU et aux puissances non ­africaines.

    10. Mali

    Avec le retard de sa mise en œuvre, il existe une réelle possibilité que l’accord de paix de Bamako de juin 2015 devienne caduc. Les parties maliennes placent peu d’espoir dans un accord imparfait et qu’elles ont été contraintes de signer. L’insécurité pourrait augmenter alors que principale coalition rebelle, la Coordination des mouvements de l’Azawad, tend à se fragmenter en de nouveaux groupes armés à base communautaire. Les organisations jihadistes, comme al-Qaeda au Maghreb islamique et Ansar Eddine, sont encore en activité – ils sont en capacité de couper et d’isoler certaines villes provinciales des zones rurales environnantes où ces groupes prospèrent. L’insécurité est en hausse dans des zones longtemps négligées comme le Mali central, que le processus de paix intermalien n’intègre pas. L’émergence de nouveaux groupes, comme l’Etat islamique (EI) dans le grand Sahara, et l’éventuelle incursion des combattants vaincus de l’EI depuis la Libye aggravent encore la situation sécuritaire.

    La crise dépasse maintenant les frontières du Mali. Les pays du G5 (Burkina Faso, Tchad, Mali, Mauritanie et Niger) ont donc annoncé la création en février d’une force régionale de lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale. L’UA est bien placée pour apporter un soutien politique et logistique, comme elle le fait pour la Force multinationale mixte (FMM) qui combat Boko Haram dans le bassin du lac Tchad. Mais M. Faki devrait pousser le G5 à adopter une approche réaliste en se concentrant principalement sur la sécurité des espaces frontaliers, l’amélioration du partage des renseignements, et le développement de la coopération économique, plutôt que de se focaliser exclusivement sur l’action militaire.

    Une récente réunion de haut niveau du Comité de suivi de l’accord d’Alger, organisée par la médiation internationale, constitue une ultime tentative pour relancer le processus de paix. Elle ne doit pas être gâchée. Par le biais de Pierre Buyoya, le représentant spécial de l’UA, la présidence devrait travailler avec d’autres partenaires pour maintenir cet élan fragile, en se concentrant sur la relance du Mécanisme opérationnel de coordination (MOC) dans le Nord du Mali, y compris à Kidal, et en soutenant les nouvelles autorités intérimaires pour qu’elles commencent à travailler efficacement.

    11. Somalie

    Malgré un processus électoral contesté, frauduleux et corrompu, marqué par des divisions et des retards, la Somalie a élu un nouveau président, Mohamed Abdullahi Farmajo, qui bénéficie d’un soutien sans précédent au sein des différents clans. C’est une chance de progresser vers la paix, la prospérité économique et la stabilité politique. Les attentes sont cependant très fortes et, pour éviter les déceptions, le président doit agir rapidement et tenir sa promesse de reconstruire les forces de sécurité et les institutions de l’Etat, s’attaquer à la corruption, améliorer la justice et unifier le pays. Sa rhétorique nationaliste, soutenue par des factions islamistes inclues dans son gouvernement, menace d’éveiller l’hostilité de voisins puissants capables de miner la nouvelle administration. Il est essentiel que M. Faki encourage une diplomatie discrète et promeuve le dialogue entre la Somalie et ses voisins, en particulier l’Ethiopie, le Kenya et le Yémen.

    La crédibilité de Farmajo et le soutien populaire dont il bénéficie renforcent les chances de progrès du processus national de réconciliation du gouvernement, pour l’instant à l’arrêt. Une approche ascendante est la plus à même de produire des règlements politiques durables avec et entre les états de la fédération somalienne. M. Faki doit saisir cette occasion. Il doit encourager le nouveau gouvernement à relancer le processus et l’aider à mobiliser des ressources techniques et financières. L’incapacité du gouvernement à réduire les tensions entre les clans et à créer des administrations infranationales offriraient à Al-Shabaab et à une branche émergente, quoiqu’encore circonscrite, de l’EI des occasions de se relancer.

    En dépit de succès significatifs contre Al-Shabaab, l’Amisom a du mal à gagner une guerre de guérilla, du fait de son profil et de son manque de ressources. Les problèmes internes, les rivalités nationales et les frictions entre les pays contributeurs de troupes aggravent ce problème et entravent l’efficacité militaire. L’UA devrait contribuer à rétablir la cohésion et encourager une réflexion plus réaliste et plus stratégique en vue d’un retrait bien préparé et adapté aux besoins du secteur de la sécurité en Somalie. Un retrait précipité serait désastreux pour la Somalie et la région.

    12. Soudan du Sud

    Avec la famine, causée par des conflits meurtriers, la crise économique et la sécheresse, 100 000 personnes pourraient prochainement mourir de faim et un million de personnes sont sérieusement menacées par l’insécurité alimentaire. Près de dix-huit mois après la signature d’un accord de paix, les affrontements, qui génèrent de multiples atrocités, ne semblent pas prêts de cesser dans les régions de l’Equatoria, du Nil supérieur et de l’Unité. Un combat féroce à Juba en juillet dernier entre le gouvernement et le Mouvement populaire de libération du Soudan/Armée en opposition (SPLM/A-IO) a forcé l’ex-premier vice-président Riek Machar à fuir. L’Autorité intergouvernementale pour le développement et d’autres acteurs internationaux majeurs ont consenti à son exil et à son remplacement par le premier vice-président Taban Deng Gai. Sans Machar, le SPLM/A-IO est moins fédérateur et de nouveaux groupes armés émergent alors que le président Salva Kiir renforce sa position dans la capitale et dans la région.

    L’appel à un nouveau cessez-le-feu et à un dialogue national lancé par Kiir en décembre 2016 est l’occasion de promouvoir les négociations entre le gouvernement et certaines parties de l’opposition armée (y compris des groupes en dehors du gouvernement de transition). Il pourrait également constituer une réponse aux revendications de communautés mécontentes. Cela ne peut réussir que si le gouvernement est disposé à négocier équitablement. M. Faki devrait veiller à ce que le Haut représentant de l’UA, Alpha Oumar Konaré, reçoive le soutien nécessaire pour remplir le mandat qui lui a été confié lors de la réunion IGAD-ONU-UA en janvier 2017 pour encourager toutes les parties prenantes à entamer un véritable débat inclusif sur la portée et le format d’un dialogue national. Il devrait également rechercher les moyens par lesquels l’UA et ses partenaires peuvent soutenir les communautés locales dans ce processus, en particulier en les aidant à formuler et à exprimer leurs doléances.

    En vertu de l’accord de paix d’août 2015, l’UA est chargée d’établir le Tribunal mixte pour le Soudan du Sud, qui a pour mandat d’enquêter sur et d’engager des poursuites en cas de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre commis lors de la récente guerre civile. L’insécurité et les sévères restrictions de la liberté d’expression rendent actuellement impossible la création du Tribunal, mais M. Faki devrait veiller à ce que les travaux préliminaires définissant son fonctionnement, son financement et sa composition se poursuivent et que la collecte des preuves commence.


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    Source: Institute for Security Studies
    Country: Cameroon, Chad, Niger, Nigeria

    Civilians have been caught between unresponsive governments and the violence of Boko Haram. This must change.

    While the Boko Haram-sparked humanitarian crisis raging in the Lake Chad Basin has largely been overlooked outside of the region, recent high-level efforts have sought to change that.

    On 24 February, a conference organised by Norway, Germany and Nigeria brought together major donors in Oslo to raise the approximately US$1.5 billion needed for humanitarian actors to continue to fund their response in 2017. US$458 million was raised, or approximately one-third of the required total (along with another US$214 million already earmarked for 2018).

    This was followed by a visit from the United Nations Security Council (UNSC) early this month to all four Lake Chad Basin nations (Cameroon, Chad, Niger and Nigeria), to assess the crisis. British Ambassador to the UN, Matthew Rycroft (Britain is currently chairing the UNSC), explained‘We came in order to show this will no longer be a neglected crisis.’ His counterpart, Senegalese Ambassador Fodé Seck, went further, urging that, ‘when we go back to New York, we must not sit idle … this visit must have follow up.’

    Such efforts will be necessary to ensure the situation continues to garner the attention it deserves, given the gravity of despair and gaps in current responses.

    The Boko Haram-sparked crisis raging in the Lake Chad Basin has largely been overlooked

    Any way one looks at the numbers, the situation is dire. An estimated 10.7 million people require assistance, while 7.1 million have been categorised as food insecure. In January, the World Food Programme warned that 1.8 million people are at risk of starvation. In addition to the concerns of impending famine, over 2 million people have been displaced in the region, including combined totals of internally displaced people (IDPs), refugees and returnees of approximately 300 000 in both Cameroon and Niger, and 129 000 in Chad.

    In Nigeria, the epicentre of the current crisis, 30% of the displaced reside in camps where movement is often restricted and conditions discouraging. The crisis has also reduced the capacity of local health services, worryingly manifested by reported incidents of polio and Lassa fever: the first such cases in Borno state in two and 48 years respectively. Furthermore, with hundreds of schools closed, the education of an entire generation of youth has been interrupted indefinitely. In addition, humanitarian access is complicated by continued insecurity, with four local government areas and parts of others still off limits in Borno state, along with violence along major highways.

    In addition to risking famine, nearly two million people have been displaced in Nigeria

    Nonetheless, bleak as this picture is, the humanitarian crisis in the Lake Chad basin can also be an opportunity – a chance for regional governments in partnership with international humanitarian actors to start demonstrating that they can and will provide for their citizens, and in turn alter the nature of state-civilian relations in an oft-neglected region. In the battle for hearts and minds, proactively meeting the needs of IDPs and refugees can result in positive gains, and ultimately serve as a strategy to further degrade Boko Haram’s influence.

    The civilian populace in the Lake Chad region has been caught between the pernicious influence of Boko Haram and central governments that are unresponsive at best, or abusive at worst, for far too long.

    Boko Haram initially fed off the latter dynamic, intertwining anti-government sentiment with the allure of a religiously inspired alternative, and finding significant appeal. The violent crackdown on the movement and the extrajudicial murder of founder Muhammad Yusuf in July 2009 only emboldened sympathies in contrast to an unpopular government.

    Nonetheless, since its re-emergence in 2010, Boko Haram has had ample opportunity to demonstrate its vision for the Lake Chad Basin. Unsurprisingly, it was not an attractive one. The increased targeting of civilians under Abubakar Shekau, and predatory behaviour during a period of territorial control between 2014-5, cost it much support over the past few years.

    This is evidenced by the increased reliance on forced recruitment, rather than voluntary membership, to augment the movement’s ranks. In reality, the movement under Shekau has done much to discredit its own credibility, likely giving rise to breakaway factions who have also seen how this has damaged their cause.

    These actions sowed the seeds of the current crisis by displacing millions and interrupting typical activities, such as subsistence farming, putting parts of the region on the brink of famine.

    Taken in this manner, the situation in 2017 is quite different from that of 2009. Therein lies an important opportunity for regional governments, especially Nigeria: an occasion to re-set relations and convince a sceptical public that it can adequately provide for its citizenry in a way that Boko Haram and its extremist ideology cannot.

    Proactively meeting the needs of IDPs and refugees can result in positive gains

    Complaints by the Nigerian government that aid agencies have exacerbated the crisis, poor conditions in the camps – and the reported mismanagement of funds – however, are not encouraging signs.

    In this sense, shifting the dynamics from government neglect to government support in a region that has long been ignored will not be easy, and require an effective, sustained, and adequately resourced response in close coordination with external actors, well beyond what has currently been the case.

    But a successful humanitarian response that addresses basic needs and helps civilians re-start their lives, can in turn serve as a starting point in rebuilding fragile trust.

    In terms of outside support for this process, the Oslo Conference and Security Council visit were positive steps. But given the immense needs for the 2017 year and the approximately 50% shortfall experienced in 2016 (on a smaller budget), questions abound as to source of additional funding for crucial life-saving programmes, such as those addressing food insecurity.

    Senegalese diplomat Seck is correct in expressing concerns about the limitations of his public visit, and the need for further action at the Security Council level to draw continued attention to the plight of Lake Chad’s residents.

    In a world facing an unprecedented level of complex emergencies, including the very real risk of famine also in Yemen, Somalia and South Sudan (already declared in part of the country), the trick will be to sustain action on the Lake Chad Basin region once the headlines fade. Nonetheless, adequately funding and effectively implementing a humanitarian response that will further discredit Boko Haram and its abhorrent ideology is too significant an opportunity to miss. It is in the long-term interests of all involved to ensure this does not turn out to be the case.

    Omar S Mahmood, Researcher, ISS Addis Ababa

    ISS will soon release a West Africa Report that examines Boko Haram messaging in detail, in order to better understand the movement’s origins, aspirations and evolution.

    Other ISS research on Boko Haram includes policy briefs on financial incentives for youth to join Boko Haram, and how local peacebuilders perceive the problem. A new ISS monograph presents comprehensive findings of a recent in-depth study.

    In South Africa, Daily Maverick has exclusive rights to re-publish ISS Today articles. For media based outside South Africa and queries about our re-publishing policy, email us.


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    Source: UN High Commissioner for Refugees
    Country: Cameroon, Central African Republic, Nigeria

    259,145 Central African refugees registered by UNHCR in rural areas in the East, Adamaoua and North regions, of which 158,418 arrived since December 2013

    85,463 Nigerian refugees in the Far North region (of which 62,033 have been registered at Minawao camp)

    191,908 Internally Displaced Persons in the Far North region (sources: DTM by IOM as of January 2017 and UNHCR protection monitoring Flash Updates)

    MAJOR DEVELOPMENTS

    • In February, continued violence in the Central African Republic led to the arrival of 1,098 new Central African asylum seekers to Cameroon. Of this number, 693 individuals (281 households) arrived on 2 February in Mbaimboum in the North region, fleeing armed violence in Bocaranga and 405 arrived in the Cameroonian localities of Yamba, Damisa, Ngolo and Ngaoui from Bouzou and De Gaulle in CAR. They have all been registered and provided with assistance and protection. The situation of Central African refugees is becoming increasingly worrying in a context where humanitarian assistance funds are constantly declining and a return perspective is uncertain given the security situation in the country.

    • The security situation in the Far North region remains unpredictable as the recent military sweep of the Sambisa Forest by the Nigerian army led Boko Haram fighters, once settled there, to disperse villages within Nigeria but also Cameroon. In February, 261 individuals (120 households) new arrivals were registered at Gourounguel transit center. They report having come from IDP camps in Mubi, Maiduguri, and Abuja in Nigeria, and from the Cameroonian localities of Zelevet, Mora, Bogo, Kashimri, Double, Tchakarmari, Guider and Yagoua in the Far North region, where they had previously found refuge, but where some are now fleeing insecurity, difficult living conditions and a wish to be reunited with family members in Minawao camp.

    • The World Bank, jointly with the representatives of the Ministries of Territorial Administration and Decentralization (MINATD) and Economy, Planning and Regional Development (MINEPAT), African Development Bank and UNHCR, undertook a diagnostic mission in Cameroon between 20 February and 3 March. The two-week mission, which was facilitated by UNHCR, took place within the context of their International Development Assistance (IDA) sub-window with a view to increasing incentives for governments to support refugees and host communities, as part of the 18th replenishment of IDA. Cameroon is among 12 pilot countries that have been selected to potentially benefit from an additional allocation from the sub-window for refugees which is designed to focus on programmes uniquely benefiting refugees and refugee hosting areas. The mission was very timely as the diagnostic tool will also feed into the UNHCR-co-led pillar on forced displacement, protection and security under the joint UNEU-WB Recovery and Peacebuilding Assessment (RPBA). The mission visited CAR refugee hosting areas between 20-25 February and the Far North between 27-28 February. The mission evaluated the needs of local populations and refugees in host areas.

    • The Oslo Humanitarian Conference for Nigeria and the Lake Chad region took place on 24 February with the participation of more than 40 countries, the UN, regional organizations and civil society. At the end of the conference, humanitarian partners agreed to scale-up their response to reach the most vulnerable and to seek durable solutions for the displaced populations. Fourteen donors pledged a total of $ 672 million in new money in order to respond to the Lake Chad crisis for the next three years.

    • UNHCR and WFP organized a joint donor briefing on 14 February regarding the critical food ration cuts for Central African refugees. Efforts to continue sustained food assistance have been jeopardized by severe lack of funding, which has forced WFP to drastically reduce food support to 156,000 CAR refugees by 50 percent since October 2016, which provides far below the minimum daily 2,100 kilocalories. Since July 2017, WFP and UNHCR have been regularly informing partners about the incoming shortfall and the need for urgent additional resources. The cuts in assistance will continue until new contributions are received to enable WFP to replenish its stocks and restore the full rations. The humanitarian community and the Government of Cameroon remain deeply concerned about the negative impact of the food assistance cuts, which has put the affected population, especially women and children, in a highly vulnerable situation, increasing their exposure to food insecurity and malnutrition and resulting in immediate detrimental effects on school attendance and increasing the protection risks. WFP needs an additional US$ 16 million to cover assistance for the year, of which US$8 is urgently needed to fill the most critical gaps up to July and avoid a complete break in assistance.


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    Source: UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
    Country: Cameroon, Democratic Republic of the Congo, Mali, Niger, Nigeria, Sao Tome and Principe

    CAMEROON

    FEVER OUTBREAK CLAIMS 16 CHILDREN SINCE JANUARY

    An eruption of fever and skin rash has sickened 43 children and caused 16 deaths in Cameroon’s Far North region since the start of the year. The cases are mainly infants younger than three years and reported in six health districts in the region. Symptoms include persistent fever, skin lesions and anaemia. Treatment, increase of surveillance and active search of patients within the communities are being undertaken as part of the response.

    CENTRAL AFRICAN REPUBLIC

    THOUSANDS OF DISPLACED RELOCATE FROM UN BASE

    Thousands of people forced to flee violence in the northern Kaga Bandoro town last year are gradually returning to a site for the displaced that had been established but remained empty due to the unrest. As of 9 March, 3,051 displaced people had settled at the Lazare site after relocating from shelters near the UN peacekeeping mission’s base in the town.
    Registration and profiling of the displaced people has been ongoing despite restriction of movement owing to insecurity.

    DR CONGO

    OVER 300 FAMILIES DISPLACED BY VIOLENCE IN TANGANYIKA

    Some 310 families arrived in Kalonda Kibuyu in the eastern Maniema province between 1 and 8 March from neighbouring Tanganyika province where they fled intercommunity clashes that broke out in February. They add to some 640 households who also fled incursions by armed men within Maniema.
    Humanitarian actors are planning a mission to assess the needs.

    NIGERIA

    MORE THAN 22,400 RETURNEES REGISTERED IN DAMASAK TOWN

    As of 9 March, the National Emergency Management Agency and the Nigerian Immigration Service have registered more than 22,400 Nigerian refugees returning from neighbouring Niger. In recent weeks, around 100 returnees have been arriving daily in Damasak town in Nigeria’s north-eastern Borno state. More refugees are expected to arrive in the coming weeks following the signing on 2 March of a tripartite agreement between Nigeria,
    Cameroon and UNHCR on the voluntary return of Nigerian refugees in Cameroon. An inter-sector rapid assessment was conducted in Damasak on 10 March to prepare assistance to the new arrivals.

    MALI

    RIGHTS EXPERT URGES BETTER HUMANITARIAN ACCESS

    Serious security threats in northern and central parts of Mali are putting civilians at risk and hampering their access to basic social services, UN independent human rights expert Suliman Baldo said on 9 March.
    He called on the signatories of the June 2015 peace agreement to continue fulfilling their commitments and ensure unhindered humanitarian access to the affected population and the protection of humanitarian personnel and their operations.


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    Source: UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
    Country: Cameroon, Democratic Republic of the Congo, Mali, Niger, Nigeria, Sao Tome and Principe

    CAMEROUN

    16 ENFANTS MEURENT À LA SUITE D’UNE ÉRUPTION DE FIÈVRE

    Une éruption de fièvre et d’irritations cutanées a rendu 43 enfants malades et causé 16 décès dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun depuis le début de l'année. Les cas sont principalement des nourrissons de moins de trois ans et signalés dans six districts sanitaires de la région. Les symptômes comprennent une fièvre persistante, des lésions cutanées et une anémie. Le traitement, l'augmentation de la surveillance et la recherche active des patients au sein des communautés sont en cours dans le cadre de la réponse.

    RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

    DES MILLIERS DE DÉPLACÉS QUITTENT UNE BASE DES NATIONS UNIES

    Des milliers de personnes forcées de fuir la violence dans la ville de Kaga Bandoro, au nord, ont progressivement regagné un site pour les déplacés établi depuis mais resté vide à cause des troubles. Au 9 mars, 3 051 personnes déplacées s'étaient installées sur le site de Lazare après avoir déménagé des environs de la base de la MINUSCA dans la ville. L'enregistrement et le profilage des personnes déplacées se sont poursuivis malgré la restriction des déplacements en raison de l'insécurité

    RD CONGO

    PLUS DE 300 FAMILLES DÉPLACÉES PAR LA VIOLENCE DANS LE TANGANYIKA

    Entre le 1er et le 8 mars, quelque 310 familles sont arrivées à Kalonda Kibuyu, dans la province orientale du Maniema, en provenance de la province voisine du Tanganyika où elles ont fui les affrontements intercommunautaires qui ont éclaté en février. Elles s'ajoutent à quelque 640 ménages qui ont également fui les incursions d'hommes armés au Maniema. Les acteurs humanitaires planifient une mission pour évaluer les besoins.

    NIGERIA

    PLUS DE 22 400 PERSONNES RETOURNÉES DANS LA VILLE DE DAMASAK

    Depuis le 9 mars, l'Agence nationale de gestion des urgences et le Service d'immigration nigérian ont enregistré plus de 22 400 réfugiés nigérians revenant du Niger voisin. Ces dernières semaines, une centaine de rapatriés arrivent tous les jours dans la ville de Damasak, au nord-est du Nigeria, dans l‘état de Borno. D'autres réfugiés devraient arriver dans les semaines à venir après la signature, le 2 mars, d'un accord tripartite entre le Nigeria, le Cameroun et le HCR sur le retour volontaire des réfugiés nigérians au Cameroun. Une évaluation rapide intersectorielle a été effectuée à Damasak le 10 mars pour préparer l'assistance aux nouveaux arrivants.

    MALI

    UN EXPERT EN DROITS DE L’HOMME DEMANDE UN MEILLEUR ACCÈS HUMANITAIRE

    De graves menaces pour la sécurité dans le nord et le centre du Mali mettent les civils en danger et entravent leur accès aux services sociaux de base, a déclaré l'expert indépendant des Nations Unies pour les droits de l'homme, Suliman Baldo, le 9 mars. Il a appelé les signataires de l'accord de paix de juin 2015 à continuer de respecter leurs engagements et à assurer un accès humanitaire sans entrave à la population touchée et à protéger le personnel humanitaire et leurs opérations.


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    Source: Swedish International Development Cooperation Agency, Oxfam
    Country: Chad

    1. Introduction

    Le mardi 28 mars 2017, s’est tenu à N’Djamena au centre CEFOD salle 66, un atelier de restitution de l’étude cartographique de l’accès et de la qualité de points d’eau dans la zone humanitaire du lac Tchad. Cette étude a été réalisée par le Centre de Documentation et d’Information Géographie (CDIG) du Ministère de l’hydraulique sur l’initiative de Oxfam et en collaboration avec ACF, Help Tchad, Unicef, le Projet ResEau, le BGR- CBLT, la Coopération Suisse et le Laboratoire National d’analyse des eaux.
    L’Atelier de restitution de l’étude a été organisé par Oxfam sous l’égide du cluster Wash Tchad.


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    Source: Belgian Red Cross
    Country: Chad, Somalia, South Sudan

    Les famines qui ravagent aujourd’hui l’Afrique sont des crises complexes, intensifiées par toutes les précédentes.

    Une famine aggravée par la violence

    En Somalie et au Sud Soudan, plusieurs centaines de milliers de personnes comprenant femmes, enfants et personnes âgées, peinent de plus en plus à se nourrir. Cela du fait d’une sècheresse, dont les conséquences sont aggravées par les violences qui frappent ces pays, depuis des années.

    Mois après mois, la population s’appauvrit, ses moyens de subsistance s’effilochent. Les champs ne sont plus cultivés, la vie économique locale est paralysée. La violence pousse des milliers de déplacés vers des régions inhospitalières où ils ne peuvent pas survivre. Cette situation humanitaire dramatique est le résultat d’un engrenage destructeur d’appauvrissement dû à la forte sècheresse qui frappe l’Afrique de l’Est, combinée à la violence que les populations subissent depuis des années.

    Que fait la Croix-Rouge de Belgique pour lutter contre la famine ?

    Le Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge est sur place, auprès des communautés qui souffrent. Selon les besoins, nous assistons les populations qui souffrent en distribuant des biens de première nécessité, des moyens de survie, de la nourriture, et en facilitant l’accès à l’eau et aux soins médicaux. Les enfants, qui sont les premières victimes de la situation, sont notre priorité.

    En parallèle, la Croix Rouge de Belgique travaille avec les Croix-Rouge des pays du Sahel pour renforcer la résilience des communautés qui subissent les conséquences du changement climatique.

    Nous aidons les Croix-Rouge du Sahel à améliorer la santé communautaire, soutenir et promouvoir les bonnes pratiques nutritionnelles, tout en renforcant les moyens de subsistance des communautés. Mieux informées et plus autonomes, les communautés améliorent leurs résilience et peuvent mieux faire face aux crises qui les frappent.

    Comment nous aider ?

    Ces actions et ces projets ont besoin de votre soutien pour se développer et secourir des milliers de personnes en détresse. Faites un don maintenant et aidez-nous à améliorer le sort des populations en détresse partout dans le monde.


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    Source: Inter-Agency Standing Committee
    Country: Central African Republic, Chad, Democratic Republic of the Congo, Ethiopia, Fiji, Iraq, Jordan, Kenya, Lebanon, Liberia, Malawi, Mali, Philippines, Somalia, South Sudan, Sudan, Syrian Arab Republic, Turkey

    Are you looking for PSEA Networks at country levels ?

    Three SEA coordination mechanisms exist in CAR: HCT, UNCT, and SRSG/MINUSCA. Common actors bridge the task-forces at both senior and technical levels i.e. HC, DHC, UNHCR, UNFPA, UNICEF. (HCT) PSEA Task Force

    • Chaired by UNFPA, reports to the HC/DHC. UNFPA also chairs the PSEA Focal Points network in Bangui and within the region. Agencies PSEA field focal points report to their PSEA focal points.
    • Focus: Prevention and engagement with communities: awareness-raising within personnel;
    advocating for code of conduct signed by organizations, establish community complaint mechanisms.

    Response: SOPs including an inter-agency case management protocol and a victim referral mechanism, support each organization on internal procedures. Coordination: inter-agency PSEA focal point networks; bi-annual work-plan, capacity building at senior and technical levels.

    (UNCT) PSEA Crisis Committee

    • Chaired by UNFPA and UNICEF, the Crisis Group reports directly to the DSRSG/RC • Focus: Created for crisis management at the UN senior level, primarily MINUSCA, but also including UN agencies, the HC, and the DHC.

    (SRSG/MINUSCA) SEA Task Force

    • The structure is chaired by the Special Representative to the Secretary General (SRSG) and includes the Conduct and Discipline Team, (chaired by the chief CDT), the HQ Joint SEA Prevention Team, and 4 field Joint Protection Team (JPT) designed specifically to address SEA concerns. • Focus: Prevention and engagement with communities: patrols, SEA risk assessments in military and police contingents/camps, military and civil personnel training, communication campaign, compliance with “Off Limit Places”, etc. Response: enhance case management and referral mechanisms internally and with humanitarians. Coordination: Inter-section focal points at capital and field levels.


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    Source: UN High Commissioner for Refugees
    Country: Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Ghana, Guinea, Liberia, Mali, Niger, Nigeria, Senegal

    285.0 M required for 2017

    12.0 M contributions received, representing 4% of requirement

    273.0 M funding gap for West Africa


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    Source: Government of Japan
    Country: Ethiopia, Japan, Kenya, Nigeria, Somalia, South Sudan, Yemen

    1. On March 14, the Government of Japan decided to extend Emergency Grant Aid of 26 million US dollars in response to the famine in the Middle East and Africa through 6 international organizations and agencies including the World Food Programme (WFP).

    2. This assistance is also provided as a swift response to United Nations Secretary-General Antonio Guterres’s call for support. Japan will provide humanitarian assistance such as food, nutrition, health and WASH (Water and Sanitation) in Somalia, South Sudan, Nigeria, Ethiopia, Yemen, and Kenya.


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    Source: World Food Programme, Food and Agriculture Organization of the United Nations, Food Security Cluster
    Country: South Sudan

    FACING FAMINE IN SOUTH SUDAN

    On 20 February 2017, famine was declared in parts of Unity State affecting 100,000 people, with some 5.5 million people expected to be severely food insecure at the height of the lean season (mid 2017). The level of food insecurity is unprecedented since South Sudan’s independence and almost entirely due to the conflict which commenced in 2013.

    In 2016 three major shocks occurred to cause this escalated deterioration:

    • Following the July crisis in Juba, the conflict spread to new regions of concern affecting the Greater Equatoria, which has historically been the cereal basket and food surplus producing region of South Sudan. Continued fighting has resulted in widespread displacement which has disrupted farming activities and has greatly impacted the flow of commodities to and from the region.

    • The country is experiencing a severe economic crisis compounded by the reduction in oil revenues resulting in hyper-inflation and the dramatic depreciation of the South Sudanese Pound (reaching an all-time high of 100.5 SSP to 1 US$ by January 2017).

    • Market supply routes have been restricted by the expansion of conflict, the decreasing purchasing power of the population, the closure of the border with Sudan and even due to regional drought especially for seed procurement. This has severely disrupted the food and agricultural input supply pipeline providing humanitarian aid and livelihood assistance.

    Given the overall deepening of the crisis in South Sudan, life-saving assistance is the overall priority in 2017 including in-kind assistance, cash based transfers, where appropriate, and emergency livelihoods support. Collectively, the Food Security and Livelihoods Cluster partners are targeting 4.5 million people throughout the country, meaning that some one million people will not be supported. Targeting is crucial, and partners will prioritize resources based on the following:

    • The most vulnerable within communities, including female headed households and the elderly;

    • Communities in inaccessible or ‘hard to reach’ areas; and

    • Geographic locations where multi-sectoral programming can be implemented, particularly within nutrition, WASH, and health interventions.


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    Source: International Organization for Migration
    Country: South Sudan

    South Sudan – IOM is now providing safe drinking water to over 24,300 vulnerable people in Aburoc, Upper Nile, South Sudan. This includes an estimated 17,000 internally displaced persons (IDPs), who fled the fighting in Wau Shilluk in late January, leaving their homes with few belongings and placing additional strain on the already limited resources of the host community.

    An IOM emergency preparedness and response team deployed to Aburoc in Fashoda County on 7 March to begin a water trucking operation to provide desperately needed clean water to IDPs and the host community.

    “Before the operation began, IDPs were accessing a limited quantity of water, below survival needs, and most of them were relying on shallow wells with dirty water that dried up within two to three days,” explains Antonio Torres, IOM Water, Sanitation and Hygiene (WASH) Programme Coordinator. “Water trucking is providing immediate relief to populations in desperate need,” he added.

    During an assessment mission in late February, displaced people indicated that they were exhausted, having walked long distances from Wau Shilluk to Kodok and on to Aburoc in search of safety, water and food. Partner agencies have estimated that approximately 85 percent of the displaced population in Aburoc are female-headed households.

    The Logistics Cluster, managed by the World Food Programme, deployed 7 metric tons of supplies, including inputs to develop a surface water treatment system (SWAT), to Aburoc on 4 March. The supplies also included water bladders to enable immediate water trucking, which began within days.

    Access to clean water will help prevent the spread of water-borne diseases, such as cholera, which are particularly hazardous among a community experiencing weakened health conditions due to displacement and lack of services.

    The fighting in Wau Shilluk in late January forced IOM to halt an IOM biometric registration exercise for the area. The majority of the civilian population, estimated to be approximately 24,000 people, fled Wau Shilluk, mainly to Kodok and Aburoc. An unknown number remain in remote areas surrounding Wau Shilluk.

    The emergency operation in Aburoc is supported by a grant from the USAID Office of U.S. Foreign Disaster Assistance (USAID/OFDA) Rapid Response Fund, which is currently supporting 11 relief operations across the country to provide much-needed health, nutrition, protection and WASH assistance.

    Vulnerable populations in Fashoda County are facing Crisis-level (Integrated Food Security Phase Classification 3 on a scale of 1 – 5) food insecurity, which is considered severe by food security experts.

    Across South Sudan, an estimated 5 million people are facing severe food insecurity due to the protracted crisis, with approximately 100,000 facing famine conditions in Unity and another 1 million at risk of famine without sustained humanitarian assistance.


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    Source: World Food Programme, Food and Agriculture Organization of the United Nations, Food Security Cluster
    Country: South Sudan

    On 20 February 2017, famine was declared in parts of Unity State affecting 100,000 people, with some 5.5 million people expected to be severely food insecure at the height of the lean season (mid 2017). The level of food insecurity is unprecedented since South Sudan’s independence and almost entirely due to the conflict which commenced in 2013.
    In 2016 three major shocks occurred to cause this escalated deterioration:

    • Following the July crisis in Juba, the conflict spread to new regions of concern affecting the Greater Equatoria, which has historically been the cereal basket and food surplus producing region of South Sudan. Continued fighting has resulted in widespread displacement which has disrupted farming activities and has greatly impacted the flow of commodities to and from the region.

    • The country is experiencing a severe economic crisis compounded by the reduction in oil revenues resulting in hyper-inflation and the dramatic depreciation of the South Sudanese Pound (reaching an all-time high of 100.5 SSP to 1 US$ by January 2017).

    • Market supply routes have been restricted by the expansion of conflict, the decreasing purchasing power of the population, the closure of the border with Sudan and even due to regional drought especially for seed procurement. This has severely disrupted the food and agricultural input supply pipeline providing humanitarian aid and livelihood assistance.

    Given the overall deepening of the crisis in South Sudan, life-saving assistance is the overall priority in 2017 including in-kind assistance, cash based transfers, where appropriate, and emergency livelihoods support.
    Collectively, the Food Security and Livelihoods Cluster partners are targeting 4.5 million people throughout the country, meaning that some one million people will not be supported. Targeting is crucial, and partners will prioritize resources based on the following:

    • The most vulnerable within communities, including female headed households and the elderly;

    • Communities in inaccessible or ‘hard to reach’ areas; and

    • Geographic locations where multi-sectoral programming can be implemented, particularly within nutrition, WASH, and health interventions.


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    Source: UN Mission in South Sudan
    Country: South Sudan

    NMISS “Protection of Civilians” (PoC) Sites
    - As of 09 March 2017, a total of number of civilians seeking safety in six Protection of Civilians (PoC) sites located on UNMISS bases is 223,035 including 120,607 in Bentiu, 30,575 in Malakal, 38,942 in Juba UN House, 1,976 in Bor, 681 in Melut and 200 in Wau, in Western Bahr El Ghazal adjusted area 30,054.


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    Source: World Food Programme, Food and Agriculture Organization of the United Nations, Food Security Cluster
    Country: South Sudan

    Recent contextual development in Central Unity:

    According to the most recent IPC analysis, released on February 20, 2017, approximately 4.9 million (about 42% of population) people are estimated to be severely food insecure (IPC Phases 3, 4, and 5), from February to April 2017. This is projected to increase to 5.5 million people, (47% of the national population) at the height of the 2017 lean season in July.

    The magnitude of these food insecure populations is unprecedented. Some counties in Greater Unity are currently experiencing famine or are projected to slip into a famine situation as the lean season progresses. The January data show that Leer County is experiencing famine (IPC Phase 5) that is expected to persist at least until July 2017 unless substantial interventional measures are undertaken urgently. Mayendit and Koch Counties are currently in emergency situations and projected to slip into famine by the peak of the lean season. In Panyijar County, it is estimated that famine will be avoided if adequate humanitarian assistance is provided between February and July 2017. Acute malnutrition remains a major public health emergency. Out of 23 counties with recent data, 14 have Global Acute Malnutrition (GAM) at or above 15%, whilst GAM above 30% is observed in former Unity in Leer,
    Mayendit, and Panyijiar.

    FSL cluster strategy

    The cluster strategy for Central Unity is guided and aligned to the original 2017 Humanitarian Response Plan (HRP) cluster objectives:

    1) To secure safe and life-saving availability/ access1 to food for the most vulnerable – through implementation by WFP and FSL partners; and

    2) To protect and promote emergency livelihoods to enhance coping mechanisms and improve access to food– through implementation by FAO and FSL partners;

    Additionally when addressing the main components of the UNICEF malnutrition causal framework we actively endorse an inter cluster response requiring simultaneous multi sector interventions by the WASH, Health, Nutrition and Food Security & Livelihood cluster partners.


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    Source: UN Environment Programme, Government of the Republic of South Sudan
    Country: South Sudan

    Executive Summary

    South Sudan is a least-developed country located in east-central Africa. It is the world’s newest country, having gained independence from Sudan in July 2011 after a prolonged period of civil war. In addition to the harmful impacts of long-term conflict, communities in South Sudan are also experiencing the negative effects of a changing climate. In general, the country is experiencing substantially warmer and drier weather, and the combination of these effects is leading to more droughts. In addition, rainfall is becoming more erratic, which is increasing the frequency and severity of floods. These climate change effects in turn decrease agricultural productivity, upon which the majority of the population depend for their livelihoods. Unless communities can adapt to these climatic changes and their impacts, climate change will hinder socio-economic development and contribute to existing tensions and conflict in South Sudan.

    National Adaptation Programmes of Action (NAPAs) serve as simplified, rapid and direct channels for Least Developed Countries to identify and communicate priority activities to address their urgent and immediate adaptation needs. NAPAs emerged from the multilateral discussions on adaptation measures within the UN Framework Convention on Climate Change (UNFCCC). South Sudan’s NAPA therefore specifies five priority activities (referred to as Priority Adaptation Projects) for effective climate change adaptation across the five identified priority thematic areas, namely: i) Environment; ii) Water Resources; iii) Agriculture; iv) Disaster Risk Reduction; and v) Policy and Institutional Framework.

    The NAPA preparation process followed the guidelines outlined by the UNFCCC Least Developed Countries Expert Group. Seven main steps were followed:

    i) establishment of NAPA Team;
    ii) synthesis of available information;
    iii) inception workshop and thematic working group discussions to establish climate change problems and possible adaptation projects/options based on available information;
    iv) thematic working group meetings to identify and draft a list of 28 Adaptation Project Options;
    v) project prioritisation workshop for screening, ranking and prioritising identified Adaptation Project Options;
    vi) development of NAPA project profiles for five Priority Adaptation Projects; and
    vii) public review process.

    The final set of Priority Adaptation Projects (Annex A) as well as priority thematic areas were selected/prioritised using participatory discussions with a broad range of stakeholders. These five Priority Adaptation Projects therefore represent the most urgent and immediate adaptation needs in the country. However, it is also noted that the other Adaptation Project Options (Annex B) identified through the NAPA process remain important and that ideas/activities/elements can be blended across projects and thematic areas when designing final project concepts for implementation in the country.

    The NAPA process also identified other guiding principles for adaptation projects in South Sudan, including that:

    • Adaptation projects should promote conflict resolution and peace-building.
    • Gender equality should be considered in the design of adaptation projects.
    • Adaptation projects should target those groups most vulnerable to climate change impacts.
    • Adaptation projects should contribute to the further development of legislative and regulatory frameworks in South Sudan.
    • Adaptation projects should promote livelihood diversification.
    • Capacity building – of human, institutional, technical and financial resources – should be included in the design of adaptation projects.
    • Adaptation projects should promote long-term research on climate change adaptation, including the collection of baseline information.
    • Indigenous knowledge should be included in the design of adaptation projects.
    • Land tenure must be considered when deciding the location for adaptation projects.


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    Source: UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
    Country: South Sudan

    The South Sudan Humanitarian Fund (SSHF) supports the timely allocation and disbursement of donor resources to respond to the most critical humanitarian needs across South Sudan in a strategic, coordinated, and strictly prioritized manner:

    • Funds are channeled to where they are most needed according to the most urgent priorities within the Humanitarian Response Plan as agreed by the humanitarian community.

    • Funds are made available for rapid response to meet urgent or unforeseen needs and/or bolster pipelines and common services at critical moments in the humanitarian response.

    The SSHF plays a critical role in the humanitarian response. In 2016, US$81.3 million was allocated from the SSHF to:

    1. Front line services: delivery of life-saving and vital humanitarian assistance and protection to people in most urgent need ($47.1 million), including a reserve allocation of $2.4 million to enable rapid assistance to reach tens of thousands of people displaced in and around Wau in June.

    2. Common pipelines: procurement and pre-positioning of critical emergency supplies for frontline activities ($24.5 million), including a reserve allocation of nearly $11 million to procure pipeline supplies for the response in the Greater Equatoria region following the escalation in conflict and displacement starting in July 2016.

    3. Enablers: common services - such as logistics, including transportation of supplies and personnel – which support te humanitarian operation and maximize efficiency and effectiveness ($9.7 million).

    To kick-start implementation of top priority activities under the 2017 Humanitarian Response Plan, in locations with the most severe humanitarian needs, the SSHF Advisory Board has approved an initial allocation of just over $23 million.

    The allocation has placed top priority on funding multi-sectoral responses in famine-affected areas and other locations where humanitarian needs have spiked due to conflict and displacement. Additional contributions are urgently needed for the SSHF to continue to inject vital funding into the South Sudan humanitarian response.


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    Source: World Food Programme, Logistics Cluster
    Country: South Sudan

    On 20 February 2017, the Government of South Sudan declared famine in some parts of the country, specifically Leer and Mayendit counties, which were designated as priority locations by the Humanitarian Coordinator. The Integrated Food Security Phase Classification (IPC) results indicate that over 100,000 people are currently being affected, with up to five million people at risk of famine in various locations throughout the year. Due to the deteriorating humanitarian situation, organisations must scale up their emergency response fast and the Logistics Cluster, in close collaboration with OCHA, is leading efforts to ensure a well-coordinated response. The affected population is widely dispersed across all the counties with a large number fleeing to small islands in the South swamp region, indicating that helicopters will be the main transport modality of humanitarian relief items. Airlifts will be coordinated from the Rumbek dispatch hub for greater efficiencies with dedicated staff to oversee these operations. Since the beginning of 2017 so far, 77 mt has been transported to Dablual, Koch, Leer, Loth, Mayendit, Mer, Padeah, Rubkuay and Thornyor. UNHAS is currently reviewing the availability of extra assets located regionally should there be a need for a scale up of the air fleet as a preparedness measure (link).

    In the coming months, a significant scale up of activities is expected and operational information sharing will play an important role in the famine response. The Logistics Cluster will support the humanitarian community by coordinating road convoys to the dispatch hub and will also continue to monitor the response, tackling logistics gaps to ensure the timely delivery of humanitarian supplies.


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    Source: Famine Early Warning System Network
    Country: Nigeria

    Key messages

    • Despite recent increases in foreign reserves and direct intervention by the Government of Nigeria (GoN), the exchange rate gap between official and parallel rates remains. Structural challenges in the economy persists and continue to drive higher prices of both imported foods as well as local substitutes.

    • The Government of Nigeria direct support to agricultural production financing (Anchor Borrowers program) is yielding intended results through expansion in area cultivated as well as increased yield. If this is sustained, availability and access to food will improve at both household and markets levels in the coming lean season as the availability of imports are constrained by a lack of forex as well as policy measures to curb imports.

    • Despite the anticipated increase supplies, high transaction and transportation costs remained a great concern in Nigeria. The proposed “grain by rail” may not achieve much considering the collapsed state of rail system in the country. Local Prices are expected to remain at very elevated levels in the medium term, resulting in atypical trade flow patterns (within the country and between Nigeria and the broader region).

    • Though there are some improvements in the security situation in North East of Nigeria, trade flows with other parts of the country remained impacted as commodities previously sourced from the North East to South West and South East markets are now mostly procured from markets in the North Central and North West states.

    • The macro-economic challenges in Nigeria continued into January 2017, as the Naira remained weak (with the official rate reaching above 300 NGN/USD and the parallel rate reaching close to 500 NGN/USD). This is despite recent policy measures designed to close the gap between the two. Also, crude oil export earnings have increased recently, driven by slight improvements in global crude oil prices and the relative peace in the oilproducing Niger Delta region, thereby allowing increased daily crude oil production and exports.

    • Inflation continued to increase in January, as the CPI moved from 18.48 to 18.72. This increase was largely driven by the high costs of staple foods and increased transportation costs (Figure 1).
      Restrictions on the use of foreign reserves for official food imports continued into January and will likely persist through at least the first half of 2017. These dynamics continue to put pressure on prices of imported food items (rice) as well as the local substitutes (local rice, sorghum, cassava, and maize), leading to atypical increases in staple food prices during the post-harvest period (Figure 2).

    • In an effort to boost local production and reduce dependence on imports, the Government of Nigeria continues to support agricultural production and financing through various measures, including the “Anchor Borrowers Program” that recently piloted in Kano, Kebbi,
      Jigawa, Ebonyi, and Cross-River States.
      During the pilot phase, rice yields are reported to have doubled (from about 2.2 to around 5 tons per hectare). This encouraged increased in area planted in other States that have comparative advantage in rice, wheat, and maize production (for the expanding poultry industry) during the current dry-season farming period. This is expected to increase food availability and access, through higher supplies and stocks of food in households and markets.

    • The expansion in area planted and diversification of cropping patterns are quite dynamic among farming households.
      Land preparation for the coming farming season is more active and intensive than previous years. The driving force behind this increased interest in farming is increased perceived profitability, especially among farmers who are net sellers. For example, with the current high prices of staple foods (more than double their five year average levels), there has been a shift in the distribution of revenues along the marketing chain. The situation now favors farmers more than traders in terms of profit share along the value chain. Currently, a maize farmer earns about 75 percent of the total profit per bag compare to last year when he only got 47 percent of total profit per bag. Likewise, the share of the farmers profit per bag of local rice has increased from about 20 percent to 30 percent and for cowpea, the farmers raked in about 71 percent (Figure 3).


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    Source: UN Human Rights Council
    Country: South Sudan

    Mr President, High Commissioner, Excellencies, I present this report to the Council on behalf of the UN Commission on Human Rights in South Sudan. I am joined by my fellow Commissioners, Godfrey Musilla and Ken Scott. In our report we set out our findings and recommendations, prepared in accordance with Resolution 31/20 which required the Commission to monitor and report on the human rights situation in South Sudan, establish a factual basis for transitional justice and reconciliation, and provide guidance on transitional justice, accountability, reconciliation and healing.

    Mr. President, the Government of South Sudan told this Council that 2017 has been declared “a year of peace and prosperity.” Sadly, this is surreal in a country enduring one of Africa’s worst wars. In the last 9 months there has been a massive increase in gross human rights violations and abuses, as well as an escalation in fighting in most of the country. This has contributed to the worsening humanitarian situation, which the UN has indicated is man-made and risks millions of lives.

    Unlawful arrests and detentions, torture, rape and killing have become the norm and what’s chilling is that they are occurring in many more parts of the country than before. Whole villages burnt to ashes, attacks on hospitals and churches, bodies dumped in rivers, allegations of young girls held as sexual slaves, women young and old gang raped and boys and men forcibly recruited.

    South Sudan is the world’s third largest refugee crisis. Nearly 2 million people have been internally displaced and more than one and a half million refugees have fled to neighbouring countries. A hundred and twenty thousand South Sudanese refugees poured into Uganda in just the first two months of this year. Sadly, almost all of them when interviewed, - said they had witnessed someone close to them being killed.

    Report

    Our report makes it clear that South Sudanese civilians have been deliberately and systematically targeted on the basis of their ethnicity by government and government-aligned forces, for killing, abduction, unlawful detention, deprivation of liberty, rape and sexual violence, the burning of their villages, and looting. On the ground, this translates into bound corpses left on roadsides, hunger where once there was plenty, and thousands of children ripped from their mothers - some forced to carry guns and kill – yet another lost generation. The principle of distinction is not observed; citizens are treated like enemy combatants because of their perceived political allegiance to the other side, calculated by ethnicity. Opposition forces too have been responsible for human rights abuses although to a lesser extent.

    The Government has also conducted a brutal campaign of repression to silence civil society. Journalists who write about the daily suffering of South Sudanese citizens find themselves accused of being the enemy of the state. Civil society activists and their families are threatened. The Commission regrets that many UN and IGAD monitoring staff have been detained by the National Security Service – some for nearly three years - despite repeated demands from the UN for access and their release. These are employees of international and regional bodies who have been accused of opposition sympathies and detained without charge.

    Sexual Violence

    The extent and scale of sexual violence in South Sudan is so horrifying that the consequences of doing nothing are unthinkable. Perpetrators in South Sudan will be emboldened if the international community ignore this. Experience has shown that sexual violence is often treated by courts and prosecutors as a difficult crime to prove. With increased international focus on preventing sexual violence in conflict, including most recently from the UN Secretary General, South Sudan is surely the test case for whether we can prioritise the investigation for this abhorrent crime and prosecute those responsible.

    The rape of international aid workers at the Terrain Hotel in Juba in July rightly caused worldwide horror but there has been no accountability. One of the female survivors described days of terror, during which they repeatedly called embassies and peacekeepers for help that never came, and then the very public experience of being gang-raped repeatedly by government soldiers in a room with many co-workers around her begging for mercy and simultaneously experiencing the same sexual assaults. They were denied even privacy for their humiliation and pain – and very little anonymity afterwards. As internationals they could at least escape to safety – South Sudanese women experience the same assaults but are left without any medical or psychological help.

    Update

    Since our report was written there have been a number of worrying developments that I would like to brief the Council on:

    In the last month, there has been a serious escalation of fighting in parts of Greater Upper Nile and the Greater Equatoria region with dire consequences for the civilian population. The SPLA and militia seem to want to control access routes to the oil installations in the northern region and punish suspected opposition supporters.

    Despite claims to the contrary, the Government repeatedly obstructs and manipulates humanitarian assistance reaching opposition areas - even places like Mayendit where there is now famine - and as a result prevents human rights reporting.

    The SPLA recently refused the head of UNMISS access to the Wau-Shilluk areas in Upper Nile. More than 20,000 civilians are dispersed there without assistance as a result of recent offensives.

    It is also unacceptable that the Government has increased the cost of work permits for foreigners in South Sudan from $100 to $10,000 just after famine is declared.

    Recent months have seen at least 7 resignations from civilian and military leadership posts, protesting the Government’s ethnic bias, tribalism, and questioning its stated desire for peace. In one resignation letter “ethnic cleansing” was described as part of government practices. These are allegations coming from insiders in the heart of the establishment.

    The Commission has reported on a pattern of ethnic cleansing and population engineering. When the Commission visited the northern town of Malakal we saw how the redrawing of state boundary lines had helped depopulate the town of its Shilluk and Nuer inhabitants. Civil servants had been forcibly relocated out of the town on the basis of their ethnicity. The Commission has been subsequently told that a number of Dinka, who fled Yei last year and settled around the airport in Juba, were air lifted by the Government to Malakal in February this year, just after fighting emptied nearby Wau Shilluk of its Shilluk population. Aid workers estimate two thousand people, the vast majority Dinka, were transported north by the Government which asked that the new influx be given international humanitarian assistance while at the same time denying access to citizens who are starving in opposition areas.

    Accountability

    In fulfilling the transitional justice aspect of our mandate, we held a workshop for civil society activists, opposition figures, diplomats, UN and AU officials in Addis Ababa in February which the Government boycotted. Participants emphasised that the Government’s proposed national dialogue should not be a reason to avoid implementing the accountability mechanisms of the Peace Agreement – and must be conducted by independent and credible figures and involve everyone, including all armed opposition groups. The African Union High Representative for South Sudan, his Excellency Alpha Oumar Konare has endorsed this view saying the national dialogue should be led by a “neutral leader” and was unequivocal that all armed and opposition groups, including those loyal to Riek Machar, should be part of the process. Participants at the workshop also stressed the need to collect and preserve evidence for establishing criminal accountability.

    The Commission has called for an international impartial and independent investigation to be established by the UN – to examine the most serious crimes, including conflict-related sexual violence, committed since December 2013. The findings should establish the extent of ongoing violations and support the work of the promised Commission on Truth, Reconciliation and Healing and the Hybrid Court for South Sudan which we have said should be operational by the end of the year. There can be no more delay, no more excuses.

    The deterioration in the human rights situation in South Sudan is directly attributable to impunity. The challenge for accountability is that alleged perpetrators still occupy senior political and military positions. A small coterie of South Sudan’s political leaders show total disregard not just for international human rights norms but for the welfare of their own people. They have squandered the oil wealth and plundered the country’s resources. Today the Government of South Sudan has effectively devolved most of its service delivery to the international community. International humanitarians, including the UN, have little choice to accept the restrictions imposed by the State as they cannot walk away and let millions of people starve. The dilemma between being outspoken on human rights and securing access has never been more stark.

    Famine

    South Sudan now has the dubious distinction of being only the 4th nation this century where famine has been declared.

    Two counties in the former Unity State are worst affected but millions of lives are threatened. And the predictions are the situation will only get worse, with an estimated five and a half million expected to reach crisis levels of food insecurity by April when the heavy rains begin. When a famine is declared, starvation is already well underway. A quarter of a million children are malnourished as we sit here.

    UN agencies indicate that these immediate famine affected areas are directly due to man-made drivers of conflict and insecurity, and that those other areas at risk of famine could have a chance of averting catastrophe if humanitarian access is secured and respected.

    The opposition and the armed groups allied to them also contribute to the famine. They attack government installations, loot convoys, and copy the other side’s tactics, terrorizing communities suspected of supporting the Government or the Dinka tribe.

    Mr. President, in addressing the humanitarian crisis it is absolutely essential to prioritize a human rights perspective. If the Government of South Sudan continues to deny humanitarians access to opposition-controlled areas hit by famine, there will be an even greater catastrophe. Everyone is hungry – by some reports the families of SPLA soldiers too, but the humanitarian response needs to be guided by candour and outspokenness about the worsening human rights situation.

    For that there needs to be effective documentation and evidence gathering. In a country where impunity is the norm, the mere knowledge that credible information is being gathered can act as a deterrent. But only if we are bold enough to push for the immediate establishment of the Hybrid Court and prosecutions. The alternative is policy of appeasement – making us complicit in the bloodshed.


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